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NOTES BIOGRAPHIQUES
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Naissance: Mont-Laurier, 1948
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RECHERCHES PERSONNELLES SUR
LA SOUFFRANCE1966 — Je prends conscience de l'étendue du malheur dans le monde. Les souffrances extrêmes subies par d'innombrables êtres dans leur marche à travers la vie m'apparaissent comme une désespérante persécution perpétrée par des forces inhumaines qu'il faut absolument vaincre.
1967-1975 — Durant quelque temps, je cherche à tempérer le désespoir avec des pensées telles que celles-ci : chaque souffrance est compensée par un plaisir, la douleur est utile, lutter contre elle peut nuire au développement d'une vigoureuse sensibilité, tout problème se résout à force de peine... Puis j'en viens à reconnaître à nouveau que la souffrance est une monstruosité inacceptable dans la vie d'une foule de gens et d'animaux. Ma contestation de l'ordre social et politique s'accentue. Je cherche une issue aux problèmes humains de tous côtés, dans le savoir, dans la sagesse, dans la religion, en psychologie, en art, dans le paranormal, dans le suicide, dans le refus de penser aux noirs problèmes, dans des tentatives de vivre sans argent (source de tant de maux)... En 74, j'essaie de concevoir une synthèse des révolutions à faire, puis j'imagine le projet d'un «Magasin général de services» où chacun pourrait trouver l'information et la collaboration dont il aurait besoin pour régler son ou ses problèmes. De février à avril 75, je tente de concrétiser l'idée d'un tel service dans un café communautaire.
1975 — De septembre à décembre, j'envisage d'oeuvrer en médecine. Je prends un emploi quelconque dans un hôpital et je considère les programmes des écoles en sciences de la santé. Je me demande quelle serait pour moi la meilleure sorte de médecine à exercer. Par ailleurs, j'apprends que certaines activités ont plus d'efficacité que les actes purement médicaux pour favoriser la santé d'une population : les mesures d'hygiène publique, la lutte à la misère, la recherche biomédicale, la prévention des accidents, etc. Pour m'orienter, je pose comme critère la quantité de douleur que je pourrais soulager, mais alors je dois bientôt m'aviser qu'il n'existe aucun inventaire de la diversité des maux, de leurs causes et de leurs solutions! Se pourrait-il, après des millénaires de préoccupations si dramatiques à propos de la souffrance ou de la douleur, qu'on ne puisse trouver dans nos sociétés aucun endroit «central» où obtenir des informations à ce sujet? À partir de ce moment, je me mets à rêver d'une entreprise qui aborderait le travail concernant la douleur ou la souffrance dans une perspective globale, unifiée, systématique. Il est de la plus haute importance, me dis-je, de créer expressément une discipline théorique et une organisation pratique pour s'occuper «dans son ensemble» du problème de la souffrance. Cette idée de solution me paraît assez originale et importante pour justifier mes plus grands enthousiasmes, mais son caractère extraordinaire ou grandiose m'incite à la plus grande prudence.
1976-1977 — Je me mets à consulter des centaines de documents pour voir comment les théoriciens et les praticiens ont traité le problème de la souffrance. Je cherche à mettre au point mes conceptions et à élaborer un texte pour les présenter. J'envisage diverses façons de m'insérer dans une pratique globale contre les maux: joindre l'ONU ou la Croix-Rouge ou le bouddhisme, m'attaquer exemplairement à un problème éradicable comme la lèpre, prôner un nouvel ordre économique mondial, me consacrer à la recherche en sciences humaines, administrer une fédération d'organismes humanitaires, mener une carrière d'écrivain-journaliste engagé, devenir un héros flamboyant ou un pratiquant obscur de la charité quotidienne... En septembre 77, je trouve l'
1978-1985 — Je tente de voir ce que je peux faire dans la région de Mont-Laurier, en la considérant comme un modèle microcosmique du vaste monde. Comme bien d'autres tentatives passées et à venir, c'est un échec. De retour à Montréal, je songe à un périodique d'intérêt humanitaire, à une «Agence pour les priorités humanitaires», et à une antalgologie, i.e. à une discipline scientifique concernant la souffrance et son contrôle, mais je ne vois pas comment je peux mettre en branle de telles initiatives. Je m'implique un certain temps à Amnistie internationale, à la Société québécoise pour la défense des animaux, à la revue Synthèse (qui traitait de l'activité des associations au Québec). J'accueille à l'occasion chez moi quelques personnes itinérantes ayant des problèmes de santé mentale, ainsi que quatre réfugiés du Sud. Je poursuis durant toutes ces années une intense quête psycho-spirituelle afin de découvrir une clé à ma vie et à mon engagement humanitaire. Je prends connaissance en 84 des activités de l'
Association internationale pour l'étude de la douleur : c'est le deuxième renfort important que je rencontre dans la perspective de ma démarche, bien que la douleur physique ne soit qu'une forme de douleur parmi plusieurs autres.1986-1988 — Je produis en octobre 86 un manuscrit de soixante-cinq pages présentant mes conceptions. Il est intitulé
L'organisation générale contre les maux et il fait la description d'un cadre conceptuel pour organiser la théorie, la stratégie et l'action pratique concernant la souffrance. Je tente ensuite d'intéresser des gens au manuscrit ou à l'organisation, mais en vain.1988-1990 — Je me tourne durant trois ans vers l'étude du système nerveux afin de comprendre les bases neuropsychologiques de la souffrance. Je participe au Plan de parrainage du Canada (de 88 à 97), avec une filleule en Haïti. J'inscris au registre commercial en août 90 une entreprise appelée OMNES, afin de fournir un certain cadre légal à mes activités de recherche.
1992-1997 — Je collabore avec une demi-douzaine d'organismes sans but lucratif. Je m'implique particulièrement, comme administrateur et bénévole, à la Fondation NDA, une association créée par des gens aux prises avec la douleur chronique. Je continue d'élaborer des plans pour créer une sorte de «centre stratégique d'action humanitaire» qui, entre autres choses, produirait un manuel de stratégie globale continuellement mis à jour.
1997-1998 — J'accède au réseau Internet (fév.97). J'y rencontre deux nouveaux renforts importants, les troisième et quatrième, dans la perspective de ma démarche.
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BLTC Research préconise une attaque en règle contre les substrats biologiques de la souffrance. Il s'agit d'une organisation formée à l'initiative de David Pearce, l'auteur de The Hedonistic Imperative, un excellent manifeste sur l'abolition de la souffrance. Cependant, l'organisation semble vouée à rester encore longtemps à l'état de projet.·
L'International Society for Panetics (ISP) a pour but de promouvoir une nouvelle discipline portant sur l'infliction et la réduction de l'infliction de la souffrance par les êtres humains. Je deviens membre de cette société, officiellement en avril 2000.En guise d'action dans le réseau Internet, j'essaie de promouvoir un groupe d'intérêt autour de l'Encyclopédie des problèmes mondiaux et du potentiel humain (avr.-juin 97), mais les gens qui s'y inscrivent demeurent plus passifs que je ne m'y attendais. Je participe ensuite sur Internet à un groupe de discussion du New Civilization Network (de juil. 97 à avr. 98) où je prends connaissance de la conception par Roan Carratu d'un «Geonet», un réseau géodésique de collaborateurs pour changer le monde. J'imagine bientôt sur ce modèle un «Algonet», un programme global d'actions directes pour réduire systématiquement le nombre des cas de souffrance excessive. Je présente le projet à mes correspondants de même que dans un site personnel (de nov. 97 à avr. 98). Comme toujours, les gens approuvent l'idée mais personne ne veut s'y engager! Cette fois, je suis résolu à aller jusqu'au bout de la question. De juin à octobre 98, je reformule le projet Algonet sous la forme d'une «Agence stratégique de service humanitaire» et je propose l'idée à une vingtaine d'organisations de Montréal. En vain. Au début de décembre 98, je travaille au «camp de réfugiés» pour les itinérants, organisé au centre-ville par le groupe ATSA (Action terroriste socialement acceptable) en collaboration avec l'armée canadienne.
1999 — Puis, à temps plein, tout au long de 99, je réfléchis. Dans le vaste ensemble des activités concernant la souffrance, pourrait-il se former une alliance, un réseau qui se doterait de moyens de gestion et de communication, et qui développerait et mettrait en oeuvre une stratégie universelle contre la souffrance excessive, une stratégie d'action directe, de transformation structurelle et de recherche théorique?
2000-2001 — En mars 2000, je crée un site Internet permanent afin de contribuer à développer la connaissance et le contrôle de la souffrance. Je propose aussi diverses idées ou projets à des correspondants variés, mais les réactions restent mitigées. En particulier, je propose que les matières qui concernent la souffrance fassent l'objet d'une discipline qui pourrait s'appeler l'algonomie, et je présente une Introduction à l'étude systématique de la souffrance. Par ailleurs, je prépare quelques documents sur le thème suivant : Quantification Research about Suffering at the International Society for Panetics. En août 2001, je suis invité à Washington par l'International Society for Panetics pour prendre part à un atelier de trois jours portant sur l'éventualité de publier un rapport annuel concernant l'infliction de la souffrance dans le monde : il en retourne que l'ISP n'est pas encore prête à s'engager dans une telle entreprise.
2002 — J'élabore le projet SOS-Réseau, dans la lignée de l'Algonet et de l'Agence stratégique de service humanitaire (voir 1997-98). J'imagine aussi un projet connexe à celui-là : Registre pour la prévention et le contrôle des cas de souffrance extrême. Par ailleurs, j'espère former à Montréal un groupe de recherche et d'action sur la douleur et la souffrance qui serait également une section locale de l'ISP. Je compte aussi établir sur Internet une chronique «Quoi de neuf sur la souffrance» qui complèterait ma Médiagraphie sur la souffrance. Cependant, la collaboration nécessaire à tous ces projets reste introuvable. Je pensais l'obtenir d'abord chez les membres ou l'exécutif de l'ISP, mais cette organisation semble paralysée, comme si elle cherchait en vain elle aussi une manière de réaliser sa mission. Je constate que depuis 1975 non seulement j'ai échoué dans ma quête d'une collaboration pour mes projets, mais aussi je n'ai pu trouver aucun «spécialiste» de la souffrance, en aucun domaine : médecine, psychologie, politique, service social, bienfaisance, philosophie, religion... Par exemple, je cherche en vain depuis des années un érudit bouddhiste qui aurait pris comme objet d'étude favori le dukkha, l'universelle souffrance, un sujet que la doctrine de cette religion présente pourtant comme l'une de ses préoccupations fondamentales. J'ai l'impression qu'il existe dans nos sociétés une résistance psychanalytique ou un blocage paradigmatique qui fait dévier tout effort pour aborder de front le problème de la souffrance. Terminologiquement, le mot souffrance fait problème, il n'a pas une définition claire. Par exemple, on l'assimile ou on l'oppose au mot douleur. Durant une période qui aura duré de septembre 2002 à janvier 2004, j'adopte l'expression "le désagréable" pour désigner plus précisément le phénomène qui m'intéresse.
2003 — J'essaie patiemment de démarrer quelque chose dans le cadre du projet SOS-Réseau (voir 2002). Je présente un mémoire contre la cruauté lors d'une commission sur la production du porc au Québec. Je cherche intensément la manière de réunir dans un même cadre de travail les quatre dimensions de ma quête : théorie, stratégie, pratique et globalité.
2004-2005 — Je démarre l'entreprise Algosphère, qui est
enregistrée au Québec le 18 août 2004. Algosphère a pour mission de réaliser des projets divers pour faire progresser la connaissance et la gestion de la souffrance. C'est d'abord un projet d'action pratique qui est envisagé, et je cherche de l'aide auprès d'organisations comme Echoing Green, Synergie 50+, Howard Rheingold's Brainstorms. Suite à ces démarches, il apparait que le premier projet ne peut pas porter sur la pratique, ni sur la stratégie, ni même sur la théorie, mais qu'il doit porter nécessairement plutôt sur la globalité qui se rattache à une approche algocentrique : il s'agit d'abord et avant tout, semble-t-il, d'une idée qu'il faut communiquer... En novembre 2005, les travaux de Iain Wilkinson pour une sociologie de la souffrance parviennent à ma connaissance : c'est le cinquième renfort important que je trouve dans la perspective de ma démarche depuis 1975.2006 — Je prends un cours sur l'éthique et la philosophie politique à l'université. Par la suite je lis The Body in Pain, The Culture of Pain, Suffering and Moral Responsibility, Suffering, Politics, Power, Souffrance et médecine, et les textes du philosophe Jean-Pierre Lalloz. J'entreprends de communiquer mon idée en interpellant les auteurs qui parlent de la souffrance. Je démarre quatre blogs: http://aboutsuffering.blogspot.com/, http://sur-la-souffrance.over-blog.com/, http://algonomie.wordpress.com/ et http://algonomy.wordpress.com/. Je contribue aussi à l'article Suffering dans Wikipedia.
© Robert Daoust, Montréal 2000-2007
Dernière mise à jour : 2007/10/15
Courriel : info@algosphere.org