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SOS-RÉSEAU

Cette page présente des textes 'exploratoires' de Robert Daoust qui portent sur l'idée d'une série d'interventions de secours à effectuer en vue d'amorcer et d'instaurer éventuellement un programme universel de sécurité concernant la souffrance. Les textes ont été écrits entre le 20 novembre 2001 et le 4 mai 2003. D'autres textes exploratoires sur le même sujet peuvent être vus en cliquant ici.

2001-11-20

SOS-Prévention — Le projet SOS-Prévention a pour mission d'amener et de maintenir à zéro le nombre de tous les cas de souffrance qui sont extrêmement graves et qui sont "réellement" évitables.

La tâche au cours de la phase initiale du projet consiste à effectuer une série d'interventions de secours en poursuivant deux objectifs :

1) commencer effectivement, concrètement et sans tarder, à réaliser la mission du projet;

2) commencer modestement une organisation qui pourra devenir assez grande pour prendre en charge la mission entière du projet.

Les interventions de secours de SOS-Prévention peuvent être effectuées aussi bien en solo qu'en collaboration avec des organisations existantes.

Les interventions de SOS-Prévention sont des activités de secours direct, mais leur signification complète tient au fait qu'elles s'inscrivent dans une "série" d'interventions qui préfigure un système complet de prévention.

La raison d'être du projet se base sur l'idée que notre intérêt égoïste commun est de prévenir systématiquement toutes les souffrances qui sont atroces, inadmissibles et vraiment évitables.


2001-11-28

SOS-RÉSEAU

Bienvenue à ce site provisoire!

SOS-Réseau est un projet de conception nouvelle ayant pour mission de résoudre ou de prévenir tous les cas identifiables de souffrance physique ou mentale qui sont extrêmement graves et qui peuvent être réellement évités à un coût raisonnable, mais qui ne sont pas pris en charge présentement pour la seule raison qu'aucune organisation n'a pour mandat d'amener et de maintenir à zéro le nombre de ces cas dans leur totalité. La stratégie initiale du projet consiste à réaliser une série d'interventions directes de secours pour commencer à identifier et à prendre en charge d'une manière systématique tous ces cas, avec la collaboration des organisations existantes en divers domaines d'intervention.

La radicale nouveauté de SOS-Réseau demande des efforts inhabituels de compréhension. Tentons, si vous le voulez bien, de découvrir ensemble ce qu'est ce projet et comment il va s'accomplir. Je dis bien "découvrir ensemble", parce que même si je suis le concepteur initial du projet, je connais seulement son abc et je compte sur les apports éventuels de nombreuses personnes pour le formuler clairement jusqu'à z. La thèse que je propose est qu'il est possible aujourd'hui pour l'humanité de réaliser un progrès décisif dans la maîtrise de la souffrance, et que SOS-Réseau ou une entreprise équivalente est le moyen nécessaire pour cette réalisation. On comprendra qu'un tel projet, aussi bien fondé soit-il, présente des aspects insolites et complexes peu faciles à traiter, surtout au début.

L'originalité de la conception de SOS-Réseau tient à plusieurs éléments.

1) La souffrance, qui est pourtant un phénomène omniprésent et qui est fréquemment invoquée comme motif de lutte, ne constitue presque jamais l'objet premier ou spécifique d'une entreprise comme elle le fait dans SOS-Réseau.
2) Le concept de "cas" (de souffrance) est emprunté à l'épidémiologie et il est utilisé de façon inédite dans SOS-Réseau comme unité quantitative qui permet de compter les occurrences ou les individus visés dans une situation donnée.
3) Les cas dont s'occupe SOS-Réseau sont définis comme "extrêmement graves". Nous préciserons ailleurs cette définition, mais notons ici qu'elle introduit une distinction, encore insuffisamment reconnue au point de vue stratégique, entre les souffrances mineures ou moyennes d'une part et les souffrance majeures d'autre part.
4) Les cas dont s'occupe SOS-Réseau sont également définis comme "évitables". Ce terme sera lui aussi à préciser. Disons seulement pour l'instant qu'un progrès est  toujours la conquête d'un territoire jusque là inatteignable.
5) Le projet parle d'une totalité de cas. Cette idée de totalité, inhabituelle à certains égards, est au coeur de toute la conception de l'entreprise. Nous verrons tout à l'heure pourquoi.
6) SOS-Réseau est à vrai dire un projet pour le contrôle systématique de la souffrance. Contrôler la souffrance, la maîtriser, est un vieux rêve pour l'être humain, et le moindre début de réalisation de ce rêve dans la réalité prend aussitôt une allure surréaliste ou utopique, à plus forte raison quand on se propose à travers ce modeste début d'atteindre éventuellement un contrôle systématique, complet, global, universel... Or il faut nécessairement oser poursuivre ce but ultime si en vérité c'est lui qu'on souhaite atteindre un jour!

Comment...repérer, identifier, résoudre, prévenir... les cas...

(à continuer...)


2002-10-28

SOS-RÉSEAU

Le projet SOS-réseau propose une nouvelle forme d'action pour lutter contre la souffrance excessive dans le monde.

Introduction        Description         Démarrage

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INTRODUCTION

Voici en guise d'introduction quelques extraits de «L'organisation générale contre les maux», un ouvrage qui présente une approche de la souffrance dans laquelle s'inscrit SOS-réseau.

LA SOUFFRANCE
Il y a dans l'univers des êtres qui souffrent trop et il faut que cela cesse : voilà l'axiome premier de cette entreprise. (...) Qu'un seul être souffre trop et toutes les splendeurs du monde sont en suspens! (…) Nous sommes contre la souffrance-en-trop, non seulement parce que souffrir est douloureux, ou parce que cela outrage notre amour-propre, mais aussi parce que l'assujettissement à la douleur dévalorise la vie et la conscience, fait paraître la mort préférable, met en cause la jouissance du bonheur d'exister, c'est-à-dire la justification même de notre présence dans l'univers.

L'APPROCHE SYSTÉMATIQUE
Notre désir insistant de systématisation dans le travail contre les maux tient à ce besoin de former une structure assez complète pour embrasser et dépasser la complexité et les structures du malheur. (…) Sans un tel système théorique, il n'y a pas de base rationnelle pour agir, pas de large consensus possible, pas de puissante organisation, pas d'énormes moyens matériels à notre disposition, (...) pas de grand mouvement transformateur possible. (...) Nous font défaut la continuité, la permanence, la coordination, l'efficacité, la vue d'ensemble.

LA RÉUSSITE
Il faut qu'une entreprise ait carrément en vue la victoire (...), si on espère qu'un jour cette victoire se matérialise. Car nous devons non seulement agir, mais vaincre! Et comment atteindre la victoire si jamais on n'ose la concevoir, ni la planifier, ni agir en fonction d'elle? Pour régler une situation problématique il faut davantage que de simples voeux, dénonciations, appels, offres de bonne volonté, demi-mesures, actions ponctuelles, solutions palliatives, victoires partielles... Il faut vouloir la réussite de ce qu'on désire, y croire vraiment et prendre les moyens nécessaires. Comme on le ferait pour toute autre entreprise, il faut oser orienter le travail (contre la souffrance excessive) vers la réussite totale.

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DESCRIPTION

SOS-réseau est un projet visant à résoudre ou à prévenir des cas de souffrance excessive.

Le projet s'intéresse plus précisément aux cas de souffrance physique ou mentale qui sont extrêmement graves et qui peuvent être évités à un coût raisonnable, mais qui ne sont pas pris en charge.

L'idée principale du projet consiste à mobiliser des ressources, en particulier des gens, et à réaliser des interventions directes de secours, en collaboration avec des organisations existantes, afin de prendre en charge les cas évitables dont personne ne s'occupe.

À long terme, le but de l'entreprise est d'acquérir une envergure suffisante pour amener et maintenir à zéro le nombre des cas inadmissibles de souffrance dans le monde.

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DÉMARRAGE

Les activités à effectuer dans la phase de démarrage de SOS-réseau comprennent 1) le repérage des cas sur lesquels intervenir, 2) la mobilisation des ressources, 3) la désignation des interventions à réaliser pour résoudre ou prévenir les cas repérés, 4) la participation aux interventions désignées, et 5) la gestion du projet SOS-réseau lui-même.

LE REPÉRAGE DES CAS

Le mot «cas» est emprunté à l'épidémiologie et il désigne ici chacune des occurrences d'un type déterminé de souffrance. Il désigne aussi parfois la personne même qui subit cette souffrance. SOS-réseau cherche à identifier les cas de souffrance qui sont à la fois 1) extrêmement graves, 2) évitables et 3) non pris en charge.

1) Extrêmement graves. Une souffrance ou une douleur est un événement complexe dont la gravité peut dépendre de plusieurs facteurs qui s'y rattachent, tels les affects, les sensations, les émotions, la nature des causes, l'étendue des dommages... Pour SOS-réseau cependant la gravité d'un cas dépend uniquement du degré d'aversion qu'il comporte. L'aversion est ce qui constitue l'aspect caractéristiquement désagréable, douloureux ou pénible de l'affect qu'éprouve un individu. Généralement, lors de la perception d'une souffrance, le sujet ou les observateurs parviennent à estimer avec une précision satisfaisante le degré d'aversion sur une échelle de 0 à 10. Convenons que les cas dont s'occupe SOS-réseau sont ceux où l'aversion, à un moment quelconque, atteint le dixième degré, c'est-à-dire est insupportable au point de susciter une volonté de mourir chez l'individu qui souffre.

2) Évitables. Convenons qu'un cas de souffrance extrêmement grave est évitable si, selon SOS-réseau, il existe un individu ou un groupe qui a les ressources suffisantes (y compris la motivation, qu'on peut considérer comme une sorte de ressource) pour résoudre ou prévenir effectivement ce cas à un coût (matériel, moral, social...) jugé acceptable.

3) Non pris en charge. Convenons qu'un cas de souffrance extrêmement grave et évitable n'est pas pris en charge si aucun individu ou groupe à part SOS-réseau ne s'occupe effectivement d'empêcher que ce cas ne se poursuive ou ne survienne.

LES RESSOURCES

Les ressources de SOS-réseau sont constituées par les gens qui y collaborent, et par les contributions qu'ils y apportent matériellement ou autrement. Voici, à titre indicatif seulement, une liste de biens et services qu'ils pourraient fournir lors des interventions effectuées à l'instigation de SOS-réseau :

1) pour les individus atteints ou menacés par la souffrance excessive : services spécialisés (médicaux, juridiques...), services non spécialisés (soutien moral...), biens (argent, nourriture...);

2) en faveur des gens qui aident ces individus : services spécialisés (soutien logistique, comptabilité, rédaction...), services non spécialisés (travail manuel, travail de bureau, travail avec le public, expressions d'appui, soutien à la recherche de ressources humaines, financières, matérielles...), biens (argent, équipements...);

3) contre les gens qui nuisent à ces individus : services spécialisés (juridiques, de sécurité...), services non spécialisés (expressions d'opposition, boycottage...).

(À suivre...)


2003-01-20 à 2003-03-28

SOS-RÉSEAU

SOS-réseau est un projet d'action pratique conçu dans le cadre de recherches sur le phénomène du désagréable : voir le site Internet www.algosphere.org. L'idée à la base de SOS-réseau est d'instaurer un «système universel de secours complémentaire». Il s'agit de mettre en oeuvre une suite méthodique d'interventions de secours auprès d'individus dans le but délibéré de réduire et de maintenir à zéro, dans le monde, le nombre des cas injustifiables de grande souffrance qui pourraient être évités à un coût raisonnable, mais qui ne seront évités en réalité que s'il existe un système universel comme SOS-réseau. Un tel projet pourrait prendre différentes formes. Le mieux, semble-t-il, est de confier aux gens qui participeront à l'intervention initiale, puis aux interventions qui suivront, la tâche de déterminer quels sont les individus qu'ils vont secourir, quel sera leur mode d'action, comment ils jugeront de ce qui est injustifiable, évitable, complémentaire, comment en somme cette idée sera réalisée.

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Première intervention SOS-réseau

2003-01-20 — Je suis Robert Daoust, j'habite Montréal au Québec, et je veux réaliser une intervention dans le cadre de SOS-réseau. Comment procéder? Il me faut trouver un individu que je vais secourir. L'intervention la plus simple à laquelle j'ai pensé consisterait à consommer un poulet qui a été produit sans qu'on lui inflige trop de mauvais traitements, ce qui éviterait un sort cruel à un autre poulet. Je vais donc essayer cette idée, et si elle n'est pas appropriée, je chercherai une autre possibilité d'intervention. D'abord, il me faut établir que mon prochain achat de poulet, normalement, se ferait aux dépens d'un animal qui a souffert grandement et de façon injustifiable. Ensuite, il me faut trouver et consommer un poulet qui a été produit de manière acceptable. Enfin, il me faut enregistrer formellement mon intervention, en fournissant entre autres choses l'identité du poulet individuel secouru : son identité ne sera que formelle, nécessairement, mais on peut la considérer comme réelle quand même.

2003-01-30 — Les poulets que j'achète normalement ont-ils souffert grandement et de façon injustifiable? Certaines personnes disent qu'un poulet ne peut pas souffrir grandement, ou du moins pas avec la même ampleur qu'un humain. Par ailleurs, même chez ceux qui admettent qu'un poulet est capable de souffrir cruellement, beaucoup contestent que les pratiques habituelles d'élevage, au Canada du moins, soient excessivement cruelles. D'autres encore prétendent qu'il est impossible de manger un poulet qui a été produit de manière acceptable parce qu'en soi le carnivorisme est un comportement cruel et barbare. Devant ces objections, je suis tenté de chercher une autre possibilité d'intervention. Mieux vaut aller au plus facile à ce stade-ci. Pourquoi ne pas rassembler quelques dollars et empêcher quelqu'un de souffrir gravement de la faim durant un mois? Soit, je vais essayer d'effectuer cette action. D'abord, il me faut trouver le moyen d'identifier l'individu qui sera secouru : son identité ne pourra pas être seulement formelle comme dans le cas du poulet, car pour établir clairement l'efficacité de l'intervention dans ce cas-ci, il faudra démontrer que tel individu aura été effectivement secouru. Une fois trouvé le moyen d'identifier un individu, il me faut réunir la somme requise, la confier à quelqu'un de fiable qui verra à ce qu'elle soit utilisée adéquatement, puis enregistrer formellement mon intervention dans le cadre de SOS-réseau.

2003-02-10 — Le tourbillon de la vie nous happe facilement : je n'ai pas eu le temps avant aujourd'hui de m'occuper de mon intervention SOS-réseau. Je crois qu'une règle doit être établie à ce propos. Disons qu'une personne qui s'engage à réaliser une intervention doit consacrer au moins 55 minutes par semaine à ce projet. J'ai réfléchi un peu à la façon d'identifier un individu qui va souffrir gravement de la faim à moins que SOS-réseau ne lui permette de pallier ce problème : je vais écrire à un regroupement d'organismes de coopération internationale où l'on pourra sans doute me renseigner.

2003-02-17 — Comme c'était à prévoir, je n'ai pas eu de réponse à mon courriel au regroupement d'organismes de coopération internationale. Ça signifie que ma question était difficile. Il va me falloir insister pour avoir une réponse quelque part, une réponse qui signifiera probablement que la collaboration nécessaire à mon projet est introuvable. Dans lequel cas, je devrai m'efforcer encore de trouver une autre sorte d'intervention. Bien sûr, j'ai déjà pensé à secourir quelqu'un localement plutôt qu'à l'étranger, mais les individus qui vivent proche de moi et qui ont besoin de secours semblent ne pas avoir besoin de SOS-réseau : ou bien ils sont secourus par les institutions du milieu, ou bien ils sont dans une situation qui n'a guère de remède possible. Alors? Eh bien, alors il semble qu'il n'y ait pas d'intervention facile, ni chez les animaux, ni chez les gens à l'étranger, ni chez les gens de Montréal, et dans ces conditions, puisque qu'une voie d'action est aussi difficile à emprunter qu'une autre, autant aller jusqu'au bout avec l'idée présente de secourir quelqu'un qui souffre de la faim.

2003-02-21 — J'ai cherché, parmi toutes les organisations québécoises et canadiennes, s'il y en a qui effectuent des actions comme celle que je suggère, mais il semble que non. Aujourd'hui j'ai envoyé un message par courriel à l'organisme de coopération internationale qui me semble quand même le plus pertinent. J'ai simplement posé la question suivante : «Supposons que j'aie les ressources pour empêcher une personne dans un pays du Sud de souffrir de la faim, mais que je veuille m'assurer que la personne en question sera effectivement secourue : est-ce que (votre organisme) peut servir d'intermédiaire si je paie les frais de secours et de vérification?». Me répondra-t-on cette fois?

2003-02-28 — On n'a pas répondu à mon courriel, alors j'ai téléphoné à l'organisme, où l'on m'a dit qu'on ne faisait pas d'aide directe individuelle, mais que tel autre organisme peut-être pourrait me mettre sur la bonne piste. J'ai appelé cet autre organime. On m'a dit qu'un programme comme celui que je propose n'existe sûrement pas, mais que l'idée semble valable et qu'il y aurait lieu pour moi d'en parler avec le directeur de la programmation : "Celui-ci vous rappellera ces jours prochains."

2003-03-07 — Le directeur de la programmation ne m'a pas rappelé et n'a pas retourné mon dernier appel. Ma manière d'agir et de penser ne semble pas adéquate : je présume que mes interlocuteurs ne voudront pas prendre la peine de comprendre ce que je propose, ou s'ils le veulent, ils ne comprendront pas, ou s'ils comprennent, ils ne seront pas disponibles pour m'aider. Le secours à l'étranger ne me semble décidément plus la voie où m'engager présentement parce que, contrairement à ce que je croyais, je ne peux pas trouver d'organisme qui fait du secours individuel direct! Pourquoi est-il si difficile pour un individu quelconque de faire un geste de secours direct? Ce n'est pas que de venir en aide à des individus aux prises avec une grande souffrance injustifiable et évitable soit une chose impossible : les médecins, par exemple, font cela constamment. C'est le secours par une personne sans expertise qui ne serait guère possible? Pourtant, n'importe quelle personne capable de fournir une petite somme d'argent, par exemple, peut en principe faire la différence entre un secours qui s'accomplit ou non. Est-ce bien vrai? C'est ce que je veux vérifier. Comment? Ça paraît assez simple : trouver quelqu'un qui fait déjà du secours direct et lui offrir une somme qui lui permet de secourir un individu de plus.

2003-03-14 — Ne fournir que de l'argent n'est pas indiqué pour moi parce qu'une intervention SOS-réseau demande à être supervisée à chaque étape : comme le concept est tout nouveau, la supervision ne peut être déléguée à moins d'obtenir de quelqu'un une collaboration très spéciale, ce qui semble très difficile à obtenir. Quelqu'un de mon entourage m'a fait remarquer qu'on peut faire du bénévolat dans des institutions où des malades chroniques ont fort besoin d'aide. Je vais explorer de ce côté.

2003-03-21 — Je n'ai pas eu le «temps» cette semaine de mettre 55 minutes dans SOS-réseau. Mais pour la semaine qui vient, je prévois mettre de nombreuses heures.

2003-03-28 — Je me suis renseigné sur ce qui se passe dans un CHSLD, un centre d'hébergement et de soins de longue durée. Le personnel soignant a la responsabilité de répondre aux besoins des résidents. Ce qui me frappe, c'est que si le personnel identifiait un cas injustifiable de grande souffrance évitable, il aurait tôt fait de résoudre ce cas. Mais les besoins ou les problèmes des résidents ne sont jamais posés en termes de «cas injustifiable de grande souffrance évitable», ce n'est pas là une catégorie qui fait partie de la technique du «plan de soins». Au fond, aucune organisation ne fonctionne par cas de souffrance. Alors, mon premier geste serait d'identifier des «cas», car avant de s'engager dans des actions de secours dans le cadre de SOS-réseau il faut établir que des cas pertinents existent.

2003-05-04 — Un aspect majeur du travail en SOS-réseau est la "formalisation" des cas sur lesquels intervenir. Or la souffrance dans nos sociétés n'est nulle part employée comme un concept "opérationnel". C'est probablement parce qu'il n'y a pas de "théorie" de la souffrance, et que par conséquent les problèmes de souffrance sont posés en "d'autres termes". Je crois que même la douleur physique, dans les hôpitaux, ou dans les centres pour le traitement de la douleur, n'est pas abordée en terme de souffrance. D'où les problèmes conceptuels que rencontrent parfois les soignants et les soignantes qui sont privés d'une distinction entre la souffrance physique, la souffrance psychique, et la souffrance en général... Dans le domaine des soins palliatifs, on parle directement de souffrance, mais je crois que là aussi les distinctions conceptuelles font défaut... Il semble que cette absence de bases théoriques rend impossible pour moi d'établir un premier cas qui relèverait de SOS-réseau. Ma première tâche serait donc d'établir davantage la théorie. Ce qui pourrait peut-être se faire en fréquentant le type de soignants ou soignantes mentionnés ci-dessus, puisque ce sont les gens les plus proches de la terminologie que j'emploie. J'ai cru que l'action pouvait se mener en même temps que l'élaboration théorique, mais je m'avise que l'action a besoin dès le départ d'un minimum de compréhensibilité... Pourtant si j'allais, disons, vers des itinérants sans abri, ne pourrais-je pas en tirer au moins un du naufrage pendant au moins quelques mois, et puis théoriser là-dessus?

(À suivre...)


© Robert Daoust, Montréal 2010

Dernière modification : 2010/01/29

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